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... Un élastique !

Et oui 🙂 l’élastique c'est fantastique ! Non, ce n'est pas le refrain d’une chanson, c’est un moyen de voir le dessin ! « Ça y est elle a encore fumé les rideaux… ». Promis je prends rien 😀

En fait, c’est ma façon de voir la vie en mode cartoon. Quand je revois dans ma tête les déplacements, les distorsions d’un dessin animé à la Tex Avery, je vois des élastiques. Tout ce qui est fixe, devient mouvant, élastique. Ça s’étire, ça s’allonge, se raccourcit à l’infini.

Ça bouge sans cesse, c’est VIVANT. C’est même MAGIQUE. Ça nous libère car ça prend vie.

Exercice d’analyse de l’élasticité d’un toon

Regardez un de ces petits films, choisissez une action qui vous parle. Une marche, un rire, un choc… Ce que vous voudrez. Mettez sur pause au début du mouvement, puis essayez de le visionner image par image, au ralenti.

Observez l’étirement de chaque partie du corps (ou de l’objet), et tentez de trouver le moment où celui-ci est le plus étiré. Observez et analysez attentivement tous les détails de cette déformation pour graver sa plastique, ses contours dans votre mémoire.

Maintenant ne regardez plus l’écran, prenez un bout de papier quelconque, et tentez de dessiner ces contours de mémoire, c’est-à-dire l’empreinte que cela a fait dans votre cerveau.

Visionnez à nouveau ce moment choisi mais arrêtez vous à l’instant-même où vous voyez cette partie du corps (ou l’objet) complètement normale, non déformée. Pareil, imprégnez-vous de la forme de son contour et tentez de le reproduire d’un côté ou de l’autre de votre premier dessin, en gardant un grand espace entre les deux.

Maintenant tentez de deviner (dans votre tête) les différentes étapes de la déformation, pour aller d’un dessin à l’autre. Ah oui : et vous avez totalement le droit de partir d’un sens ou d’un autre, selon votre envie !

Alors, sans aller jusqu’au même stade que les toons de Tex, vous pouvez aussi analyser et essayer de faire la même chose avec vos dessins. Commencez simple. Prenez le modèle classique par excellence : une bête pomme.

Exercice pratique

  1. Dessinez la pomme de la manière la plus statique et aux contours les plus simplifiés au possible. Faites-la symétrique, c’est à dire les mêmes courbes de droite et de gauche. Regardez la base de votre dessin, sa largeur : faites des marques qui rétrécissent sa largeur.
  2. Maintenant, vous allez y appliquer une perspective « courbée » : repérez l’endroit où la largeur est la plus grande. Faites deux repères (à droite et à gauche) placés à environ 1cm des bords de la pomme.
  3. Tracez deux lignes verticales (passant par ces mêmes repères) et n’hésitez par à leur donner, à chacune, une longueur au moins deux fois égale à la hauteur de votre pomme.
  4. Passant par chacune des extrémités de ces lignes, tracez un segment horizontal. Rallongez ce segment sur environ 4cm, uniquement sur la droite de la pomme.
  5. Maintenant vous avez un segment plus petit en bas (les premières marques que vous avez faites, qui rétrécissent la base du fruit) et un segment beaucoup plus grand en haut (le dernier segment tracé puis rallongé).
  6. Observez la forme initiale du dessus de votre pomme et reportez-la (sur le segment du haut) en gardant son centre au centre : c’est à dire en l’élargissant mais en gardant sa symétrie droite-gauche.
  7. Observez la forme initiale du dessous de la pomme, et reportez-la sur la partie rétrécie marquée à la base.
  8. Repassez ces deux formes avec une couleur, pour bien les visualiser. Maintenant, en reliant l’extrémité gauche du segment du haut à celui du segment du bas, tracez une large courbe. Puis faites de même à droite.

De la déformation vient le mouvement. Votre pomme « toonée » vient de prendre son envol !